Les Moments Musicaux de Chalosse - saison 2018
16ème Festival
Du 8 juillet au 2 août 2018
  • « Vivre en paix avec la musique ».

    Eglise de Poyanne : Dimanche 20 mai à 18 heures

    Eglise d’Ozourt : Dimanche 8 juillet à 18 heures

    Eglise de Montfort en Chalosse : Dimanche 15 juillet à 18 heures

    Eglise de Caupenne : Mercredi 18 juillet à 21 heures

    Crypte Saint Girons à Hagetmau : Dimanche 22 juillet à 18 heures

    Eglise de Laurède : Vendredi 27 juillet à 21 heures

    Eglise d’Horsarrieu : Dimanche 29 juillet à 18 heures

    Château de Gaujacq : Jeudi 2 août à 21 heures


Jeudi 2 août à 21 heures au château de Gaujacq

"Un fil, la vie, un simple fil"

Alain Carré comédien

Trio Atanassov

– Gilles Perceval (violon),
- Sarah Sultan (violoncelle),
- Pierre Kaloyann-Atanassov (piano)

Création - pour la commémoration du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale, Spectacle qui a reçu le « Label du centenaire ».

DESCRIPTIF DU SPECTACLE

Ce spectacle qui croise verbe et musique nous convie à la découverte d’un personnage au destin singulier, emporté dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, Lucien Durosoir. Si, par son contexte historique et son contenu littéraire, musicale et spirituel, cette création apporte sa propre pierre au centenaire de la Grande Guerre, c’est avant tout l’histoire d’un homme et l’âme d’un artiste qu’il nous est donné de découvrir, à travers sa musique et ses mots. Un fil, la vie, un simple fil … Fin comme une corde de violon… celui de Lucien Durosoir… violoniste virtuose envoyé au front comme simple soldat. En juin 1918 il écrit : « je sais bien qu’il y a mon violon et ce dernier très réellement m’a sauvé la vie ». Mobilisé le 2 août 1914 et démobilisé en février 1919, Lucien Durosoir a tout connu de cette « Grande Guerre » et il a tout raconté - ou presque… - à sa mère par des lettres quasi-quotidiennes : la vie du poilu dans les tranchées, la boue, la soif, le froid, le bruit incessant des obus qui tombent souvent à quelques mètres, les nuits sans sommeil, la mort quotidienne, les mutineries ; mais aussi la vie auprès de l’Etat-major grâce à son violon et grâce à la musique. On y découvre également les réflexions d’un artiste et d’un homme sur ses supérieurs, leurs décisions bienfondés ou néfastes, le carriérisme ou le courage, et la chair à canon. Mais Durosoir dépassera les mots en nous livrant par sa musique sa propre sublimation de l’incompréhensible humain : au bout de deux ans de guerre, l’idée de composer s’affirme de plus en plus fortement dans son esprit. Songeant à la fin de la guerre il écrit, le 12 septembre 1916 : « Je commencerai la composition afin de m’habituer à manier les formes plus libres, et je donnerai, j’en suis persuadé, des fruits mûrs ». Démobilisé, il abandonne sa carrière de violoniste pour se retirer du reste du monde et composer. Ses oeuvres ne seront pas diffusées de son vivant de par sa propre volonté et nul ne saura jamais le pourquoi de cette décision. Le geste énigmatique du créateur… Elles ont été retrouvées au début du XXI° siècle. Son trio en si mineur (1926/1927) est sans conteste l’un des trios français les plus remarquables et originaux de la 1ère moitié du XX° siècle. Redoutablement difficile, il met à l’épreuve les instrumentistes en exigeant d’eux des prouesses souvent atypiques. « Une écriture très personnelle, libre de toute attache avec le monde contemporain, comme jaillie du seul monde intérieur de son auteur ». La Prière à Marie (1949) pour violon et piano, est l’une de ses dernières oeuvres ; elle est pourvue d’une dédicace à ses enfants qui livre en quelques mots ce qui fut le sens de la vie du maître : « Puissent les biens spirituels descendre en eux, que leur vie entière ils en conservent l’amour ». Un vrai message de spiritualité de celui qui a connu le pire à ceux qui sont encore innocents.

Au cours de ce spectacle, en complète synergie avec les lettres de Lucien Durosoir, seront lus également des extraits des si poétiques carnets intimes de Maurice Maréchal, l’un des plus grands violoncellistes de la première moitié du XX° siècle. Les deux musiciens ont en effet vécu ensemble une grande partie de la guerre . Les musiques de Lucien Durosoir, Maurice Ravel, Robert Schumann, Frank Bridge et Eugène Ysaÿe viendront tour à tour illuminer ces textes.

Maurice Ravel, un engagé volontaire De trois ans l’aîné de Durosoir, Ravel est déjà un compositeur mondialement connu lorsqu’éclate la guerre qui le surprend à Saint-Jean de Luz dans la composition de son trio en la mineur dont certains extraits sont interprétés au cours de la représentation. Réformé en raison de sa petite taille et d’une santé fragile, Ravel veut à tout prix servir son pays et se hâte de terminer son trio avant de se faire engager. Il dira le 26 septembre 1914 dans une lettre à Stravinsky : « L’idée que je doive partir rapidement m’a fait fournir le travail de cinq mois en cinq semaines. Mon Trio est fini ». Il aura donné naissance à l’une des compositions les plus abouties de la littérature pour trio avec piano. En 1917, il écrit le « tombeau de Couperin » dont chacune des pièces est dédiée à l’un de ses amis tombés au front. Nous en entendrons la fugue. Frank Bridge 1878 – 1941 compositeur anglais, est un an plus jeune que Durosoir. Ses premières compositions d’essence postromantique, révèlent l’influence certaine de Brahms. Après le choc de la première guerre mondiale - Frank Bridge était profondément pacifiste - et après plusieurs années d’un silence presque total, Bridge s’oriente vers un modernisme tourné vers une certaine polytonalité. Son trio N°2 écrit en 1929 et dont on entendra deux mouvements, illustre cette nouvelle période créatrice. Robert Schumann 1810 - 1856, l’indicible poète, illustre avec son trio N°1 en ré mineur (le troisième mouvement), les oeuvres romantiques que jouaient Durosoir et ses compagnons de musique de chambre pour l’état-major, des partitions qu’insatiable, il demandait sans relâche à sa mère de lui envoyer. Un répertoire d’une extrême richesse englobant les plus grands chefs d’oeuvre du classicisme et romantisme allemand que, curieusement, il n’aurait peut-être jamais exploré sans la guerre et qui développera son désir personnel de composition. Eugène Ysaÿe 1858 – 1931, virtuose du violon et compositeur, comme Lucien Durosoir. « Obsession », extrait de ses six sonates pour violon seul, écrite en 1923, aurait pu être dédiée à ce dernier s’il avait continué sa carrière de soliste. Une oeuvre qui exige une haute technique instrumentale et cite le prélude de la partita en mi majeur de Bach qui se mêle au thème du Dies Irae. Un maître du violon disait Ysaÿe « doit être un violoniste, un penseur, un poète, un être humain ; il doit avoir connu l’espoir, l’amour, la passion et le désespoir, il a dû vivre toute la gamme des émotions afin de toutes les exprimer dans son jeu ».



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